Entreprise et éthique peuvent, et doivent marcher ensemble.

Entreprise et éthique peuvent, et doivent marcher ensemble.

Écrit par  Rosiris Photographie et Nerepix le 17/01/2026
Temps de lecture de l'article 7 minutes

Pour regarder ou écouter l'interview vidéo :

https://youtu.be/x9Jk-hnWUcs?si=gy7F4HlBC6qVeiXu

 

L'humain au cœur de l'agence Nerepix


Je m'appelle Alexandre Radenac et je suis co-gérant et fondateur de Nerepix, qui est une agence de communication web située à Caen, à côté du Mémorial.

 

Qu’est-ce qui différencie Nerepix des autres entreprises ? 

 Il y a pas mal de choses qui vont différencier Nerepix ; l'une des principales, je pense, c'est qu'on met l'humain au cœur de ce qu'on fait. Ça peut paraître bateau comme ça, mais par exemple, ça veut dire que l'on s'intéresse réellement à la personne, à son entreprise, à son travail, à son projet. On met en fait, dans les rapports humains qu'on a avec eux, ce que nous on aimerait recevoir si on était client.

C'est-à-dire qu'en fait, on part du principe que si t'as deux boulangeries qui vendent du pain au même prix, tu vas aller acheter ton pain dans celle où on te reçoit de façon agréable et souriante, ou en tout cas avec qui tu rigoles. On part là-dessus, ce qui ne veut pas dire que ça met de côté la partie résultats : on peut quand même passer de bons moments avec nos clients, travailler dans une bonne ambiance et pour autant travailler sérieusement et avoir un résultat de qualité.

 

Un suivi basé sur la transparence et la rentabilité


Je prolonge notamment ce que je dis par le fait que, au-delà de faire des sites internet, nous on s'engage énormément sur le suivi. Ça veut dire que l'on prend vraiment, tous les mois, le temps d'analyser, de regarder, d'envoyer des rapports à nos clients pour qu'ils puissent comprendre quel est l'impact du travail qu'on fait et quelle est la conséquence réelle sur les statistiques de fréquentation du site et donc sur le chiffre d'affaires que ça génère. Donc il y a vraiment ce côté suivi humain, on se soucie de leurs réussites et du fait que ce qu'on achète chez nous soit un investissement rentable.


Chez Nerepix, la “R.S.E”* ça évoque quoi ? 

*Responsabilité sociétale des entreprises

Nerepix est pas mal engagée dans la RSE depuis longtemps, depuis très longtemps je pense, ça doit faire 12 ans. On est tombé dedans un peu par accident puisqu'en fait, on nous a emmenés ramasser des déchets au bord d'une plage à Merville. Et c'était un peu sidérant d'ailleurs de regarder à quel point, alors déjà on était très nombreux (on était au moins une cinquantaine à faire ce ramassage), ça nous a un peu fait réfléchir de constater à quel point on pouvait remonter un paquet de trucs chelou et surtout des quantités de déchets assez incroyables. Je pense notamment à un extincteur, une toile de tente, une porte de frigo... enfin des dingueries qui étaient comme ça dans les lagunes, etc.


La création de collectifs et de normes durables


Alors ça nous a poussés à créer, avec d'autres entreprises, un collectif qui à l'époque s'appelait le mouvement "Pérenne". C'était pour une région qui s'engage sur ses nuisances écologiques. En fait là-dedans, il y avait "Plus et Pro-Conseil" et "Yousign", et on a fait une petite plateforme avec 10 engagements à prendre, très simples, comme : n'imprimer qu'en noir et blanc et que si nécessaire, favoriser le covoiturage dans l'entreprise, etc. C'était 10 trucs et nous, on s'était mis un peu le défi de dire "et bah vas-y on fait les 10", et en fait c'est parti comme ça.

Mais à partir du moment où on a commencé à faire ça, on met le pied dans quelque chose, on se rend compte : "tiens on peut travailler différemment". C'est pas parce que, par exemple, on commande des trucs, qu'on est obligé d'accepter qu'un colis arrive avec 50 couches de carton et d'isolant dans les emballages, etc. Donc on a regardé, puis on est aussi entré chez "Normandie Équitable" et je pense que ça nous a propulsés encore plus fort dans la partie RSE.

 

L'organisation interne et la norme ISO 26000


Donc ça, c'était il y a une dizaine d'années, puis on s'est rendu compte qu'en fait les impacts étaient nombreux. Alors depuis, on s'est intéressé aux objectifs du développement durable (les ODD), au "Global Compact" et à différentes entités. Enfin, moi la norme que j'utilise le plus, c'est l'ISO 26000, ce sont les 7 grands piliers de la RSE. On a un service ici qui se réunit toutes les semaines, le lundi matin, avec deux personnes et deux dirigeants, et qui regarde parmi toutes les actions que l'on pourrait mettre en place cette semaine, lesquelles on va faire.

Les actions remontent par plein de canaux : les entretiens professionnels, une grande réunion annuelle où tout le monde s'exprime devant tout le monde, les discussions au café, les enquêtes de satisfaction qu'on mène auprès de nos clients, etc. Voilà, on a une petite dizaine de capteurs comme ça qui font remonter plein d'infos sur qu'est-ce qu'on peut améliorer dans le fonctionnement de l'entreprise, que ce soit sur le social, le local, l'écologie, le respect des droits humains, enfin les 7 piliers.

 

Actions concrètes : Bien-être et environnement


Petit à petit on fait une action, deux actions par mois, concrètes, des choses concrètes. Je vais donner vraiment un exemple : il y a eu une mise à jour du DUERP* qu'on a faite il y a pas longtemps et on a noté des petits soucis, notamment de postures et d'illuminations, la façon dont étaient éclairés les bureaux par rapport aux écrans. Résultats : on a changé tous les bureaux pour des bureaux assis-debout, ce qui permet aux collègues de ne pas être stationnaires toute la journée et de pouvoir travailler debout s'ils en ont envie. On a changé tous les sièges par des sièges ergonomiques et, en plus, on a changé les emplacements des bureaux pour qu'ils respectent justement ce qui était demandé : avoir une lumière plutôt latérale qu'une lumière dans le dos ou en contre-jour, qui ont tendance à avoir de mauvais impacts sur la vue.

C'est qu'un exemple, il y en a plein. Ça peut toucher notre fournisseur électrique qui est Enercoop, ça peut toucher la façon dont sont éclairés les bureaux, ça peut être la décision d'un nouveau partenaire d'investir dans un partenariat local pour favoriser un club de sport, mais nous on est plutôt sur la musique, donc ça va être une salle de concert qui a besoin de mécènes. Voilà, c'est tout ce qu'on peut faire qui va nous ancrer davantage dans le local et surtout faire attention à ce qu'on fait et à l'impact que ça a.

 

Gestion et réduction des déchets au quotidien


Juste à côté, on a nos quatre poubelles qui sont : verre, carton recyclable, déchets ménagers et compost. Donc ça, on trie toutes les semaines et typiquement, une fois qu'on a terminé de trier nos déchets le vendredi, on a une espèce de coutume de tout ramener dans le hall de l'entreprise : on regroupe dans des poubelles, on pèse les bacs et on tient des statistiques de "quelle est la quantité de déchets que génère l'entreprise ?". Ce qui nous permet de ramener une quantité de déchets par personne.

Mais on ne fait pas que ça, on regarde aussi ce qu'il y a dans les poubelles pour essayer de comprendre quels sont les déchets qui reviennent le plus souvent et comment on pourrait éventuellement faire en sorte de les faire disparaître. À titre d'exemple, ça a pu occasionner à un moment donné, où tout le monde allait se servir un peu dans la même brasserie le midi, on s'est dit : "tiens, à chaque fois on vient avec des sacs, c'est un peu ridicule". On s'entendait bien avec eux, on s'est dit : "est-ce que vous seriez d'accord pour que quand on passe des commandes, vous ne mettiez pas les commandes dans un sac ? Nous on arrive avec nos Tupperwares, vous mettez la nourriture dedans, et puis on repart avec". Et c'est des choses qu'on a faites, donc ça a permis de réduire assez fortement car, à un moment donné, c'était le déchet principal.

 

L'importance de la réflexion collective


Dans le fonctionnement de l'entreprise, il y a une réunion qui est hyper importante, qui s'appelle la réunion "interne annuelle". On se met tous autour d'un tableau et on regarde un peu les urgences : qu'est-ce qui est très urgent d'améliorer, qu'est-ce qu'il faudrait améliorer, qu'est-ce qui est bien qu'on peut pousser encore plus loin, et qu'est-ce qui est super et qu'il faut surtout pas perdre. Et en fait, c'est une réflexion collective : on fait parler la personne qui est arrivée le plus récemment et peu à peu on remonte toutes les 1 minute 30 ou 2 minutes vers le membre d'avant, etc., jusqu'à la personne qui était là au tout début.

Ça permet à tout le monde de comprendre que l'entreprise est un bateau qui avance vers un cap. Ce qu'on essaie de leur faire comprendre ici, c'est que le fameux bateau, on n'est pas juste là pour ramer. On est aussi capable de dire : "mais attendez, notre bateau on pourrait le mettre comme ça, ou il pourrait avoir tel aménagement, ou tiens si on changeait le moteur et on mettait des voiles, peut-être qu'il polluerait moins ?". C'est leur faire comprendre ça : on peut modifier le bateau et on prend les avis de tout le monde.

 

Vie d'équipe et partage de méthodes


L'idée, c'est aussi d'essayer d'inculquer le plus possible la notion du collectif. Le vendredi, on a une petite roue du hasard qui tourne, qui dispatche des missions ménagères en face de chaque personne. Ceux qui ont terminé vont aider ceux qui n'ont pas encore fini. L'idée, encore une fois, c'est de garder un environnement sympathique.

Pour terminer, on permet aussi aux collègues qui ont des soucis avec leur voiture de disposer du véhicule de fonction partagé. Il y a aussi la possibilité de faire du télétravail à volonté, mais la réalité c'est que quasiment personne n'en fait. Les gens apprécient de travailler les uns avec les autres, et pourvu que ça dure.


Pourquoi Nerepix est impliquée dans “Les ouvriers des possibles” ? 

Je pense que dans notre façon de fonctionner, on a testé beaucoup de trucs en écoutant nos collègues. Moi je pense que "Les Ouvriers des Possibles" ça a justement cet objectif de partager des méthodes et des idées. C'est peut-être, dans tout ce que j'ai cité, pouvoir se dire : "tiens bah la fameuse réunion interannuelle, peut-être que plus de structures pourraient utiliser ce genre d'outils". Voilà ce qu'on aimerait y trouver et y apporter.